Cusco & le Machu-Picchu

Cusco, 7h du mat’. J’embarque dans un taxi qui, en l’espace de 3 mn de négociation, me répète 5 fois qu’il est officiel. J’aurais
dû me méfier… Il me dépose à 10 bonnes minutes à pied de l’hôtel que je convoite, prétextant qu’il ne peut y accéder. Il n’a pas
totalement tort : ici, beaucoup d’escaliers et autant de rues piétonnes. Mais quand même, je fulmine avec mes 18 kg sur le dos.
Épisode vite oublié grâce à la beauté de la ville. Je me balade toute la journée, arpentant les quartiers ultra-touristiques et artisitiques,
goûtant aux saveurs des plats locaux - malgré moi : je ne comprends pas la réponse du serveur lorsqu’il m’explique de quoi
se compose le plat du jour. Je croise au moins autant de gringos que de Péruviens. Et j’organise mon trek pour le Machu-Picchu.
Le lendemain matin, mon taxi se fait attendre… Je contemple la ville depuis le balcon de l’auberge (ci-dessus) et je réussis,
sans le vouloir, à motiver 2 jeunes Français à partir le lendemain faire le fameux Inka Jungle Trek - chemin alternatif au célèbre
Camino del Inka.
J’arrive donc dans le van et découvre mes compagnons des prochains jours : Tom, Asutralien ; Brit, une amie à lui, Australienne ;
Gustavo, Pedro & Benjamin, Brésiliens ; Charlie, Harry & Jake, Australiens et Ok Jean, Coréenne.
2h30 de route plus tard, on délaisse la caisse et on enfourche nos vélos. Sous une pluie torentielle. Benjamin perd l’équilibre
au bout de 400 m et terminera la journée dans la caisse. Halte dans un resto, on se sèche au coin du feu, joue avec les fillettes
et on repart cette fois-ci sous un ciel plus clément… Magnifique. J’apprécie tellement la balade que je continue de pédaler
bien après le village où on est censés se retrouver. J’avoue que je n’avais pas vraiment écouté les (rares) instructions de notre
guide, Renato.
Première soirée à Santa Maria, une rue principale, et pis c’est tout. On dîne en compagnie des nombreux groupes de touristes,
on goûte aux joies de la promiscuité (dortoir et salle-d'eau commune) et on redémarre le lendemain pour une marche de 7h.
Je me félicite de ne pas avoir choisi l’option rafting lorsque j’aperçois la rivière boueuse et déchaînée quelques dizaines de mètres
plus bas. On s’arrête un certain nombre de fois, parce que, mine de rien, on n’est pas des sportifs accomplis. L’attraction d’une
de nos haltes : cette espèce de ragondin qui boit à la bouteille…
Et aussi ce petit singe. Mignon jusqu’au moment où il s’aggripe à tous les orifices de mon visage, sous prétexte qu’il n’aime
pas qu’on le prenne en photo…
Bon, en résumé, dans la journée, on marche, on marche, on marche. On se concentre sur nos pieds, la route est parfois
vertigineuse, et on attend la pause suivante.
Renato choisit l’une d’elles pour nous faire un petit topo historique, bien utile pour la visite du Machu-Picchu. On apprend
notamment que l’un des trois types de chemins empruntés par les Incas permettaient à leurs messagers de relier à pied la ville
sacrée à Lima en 9 jours seulement, grâce à un judicieux système de relais à travers les Andes…
Deuxième soirée dans une ville morte qui compte tout de même 5 discothèques pour 1000 habitants… Les nombreux gringos
de passage doivent certainement affluer. Pas nous. Une soupe, un poulet-riz-patates, une bière et au lit ! J’ai tout de même le temps
de sympathiser avec ces charmantes donzelles.
3ème jour, réveil tardif : 8h30. Notre guide a une gueule de bois monumentale et nous suggère très fortement de prendre un van
pour les prochains kilomètres. On le soupçonne de ne pas vouloir marcher 2h30.
On suit ses conseils et on traîne dans la ville toute la matinée, pendant que d’autres jouent aux cartes. Après le déjeuner, on suit
la voie ferroviaire pendant 3h avant d’arriver au pied du Machu-Picchu, à Aguas Calientes.
La ville n’est pas si moche, traversée par les rails. On se retrouve même dans un hôtel pas mal. Petit bémol : les sacs que nous
avions confié au conducteur du train ont été oubliés à la gare de départ. Résultat : on n’a rien à se mettre pour le lendemain,
juste nos fringues crados de 2 jours. Heureusement, j’ai mon poncho géant grâce auquel je n’ai presque pas froid à 4h du mat’,
lors de l’ascension de la montagne sacrée (Machu-Picchu = vieille montagne).
Bon et là… c’est une claque monumentale ! Après 1h20 de montée très abrupte, on fait la queue pour être parmi les 400 privilégiés
quotidiens qui peuvent grimper sur le Wayna-Picchu (littéralement : jeune montagne).
À gauche, l’accès au Pont de l’Inka, fermé pour cause de rénovation. Tu m’étonnes !
Pour y accéder, chemin étroit et sinueux avec quelques centaines de mètres de dénivelés. Faut pas avoir le vertige…
La vue depuis le Wayna-Picchu justement. Un peu nuageux… Certains touristes ne se séparent jamais de leur bière.

Les images suivantes se passent de commentaires… Admirez tout simplement.

Faut aimer les vieilles pierres et les terrasses, certes. Quoiqu’il en soit, je reste sur le site plusieurs heures, ne pouvant m’empêcher
de mitrailler les lieux. Dès que je pense redescendre, un nouveau panorama s’offre à moi… Finalement, la pluie de 13h aura raison
de moi. Je prends un bus, mes jambes ne peuvent plus me porter !