Bolivie : Copacabana & la Isla del Sol

Et voilà, un deuxième mois passé sur ce continent. Je passe la frontière bolivienne après une pause de 3h30 (de 4h à 7h30 du mat’)
au terminal de bus de Puno, directement sur le lac Titicaca. Ma destination : ce même lac, mais côté Bolivie.

Copacabana, c’est une espèce de station balnéaire, sauf qu’on ne s’y baigne pas… La température de l’eau me rappelle
ma Bretagne (presque) natale. En revanche, on peut louer un pédalo ridicule, en forme de cygne, et se balader sur le lac. Je me
trouve d’autres activités.

Tout d’abord, je rencontre Sarah, Australienne (ils sont partout) à la réception de mon hôtel. On partage une minuscule chambre
aveugle, un café pas trop mauvais, une truite exquise… Le tout pour à peine 80 Bolivianos (8 euros).
Ici encore, il est très simple de se repérer : une grande rue commerçante - Avenida 6 de Agosto - abrite la quasi-totalité des hôtels
et restos de la ville et relie le lac, en bas, à la cathédrale baroque, en haut.
Ils sont fous ces Boliviens : 2 fois par jour, à 10h et 14h, ils font bénir leur voiture… Concert de pétards, lancer de pétales,
stationnement devant la cathédrale avant de parader autour du lac.
Le soir, je retrouve Dorit, croisée par hasard la veille au soir, qui me présente son copain Nicky, Allemand installé en Australie
depuis quelques mois. On mange au resto quasi-gastro de leur hôtel. Je vous épargne le montant de l’addition - grotesque…
Le lendemain matin, on défait nos sacs pour ne prendre que le minimum, on refait nos sacs, ça doit faire la 58ème fois que
ça m’arrive depuis le début du séjour. On se trompe de file d’attente, et on arrive par bonheur à grimper dans le dernier bateau
de 8h30. Juste derrière nous, les retardataires devront attendre celui de 13h30. Direction La Isla del Sol, à 2h de Copacabana.
Il est possible de descendre sur la partie Sud ou Nord de l’Île. On choisit la deuxième option. On s’est renseignées : de cette
manière, on évite de grimper un escalier monumental…
Voilà à peu près le type de paysages qui nous attend.
On marche 45 minutes sous un soleil de plomb avant d’arriver aux ruines de Chinkana. On n’y comprend pas grand chose :
pas de guide, pas d’explication dans nos bouquins. Mais on continue d’apprécier ces vieilles pierres et, pour la peine,
on s’offre une séance photo. Un peu plus bas, les portes sont ridiculement petites. Ils étaient donc encore moins grands
qu’aujourd’hui les Boliviens ?!
Les gringos-baba-cools (eux aussi sont partout…) croisés sur la plage, les moutons, les ânes, les enfants du coin qui nous
demandent des caramelos ou - à défaut - des Bolivianos, seront nos seuls compagnons de route. Je réaliserai plus tard qu'on n'a
pas vu/entendu une seule voiture…
On arpente l’île du nord au sud pendant 4h. Et on hallucine sur la nature changeante des paysages. Et aussi sur la taille du lac.
Et encore sur les différentes couleurs. Et enfin sur la beauté des lieux.
Mes jambes se souviennent encore de mon trek au Machu-Picchu. Sarah est conciliante. On s’arrête plusieurs fois. Notamment
pour payer notre dû : 10 Bs au nord, 5 au centre et encore 5 au sud de l’île. Et on perfectionne notre espagnol avec le gardien du sentier.
Je peux bien vous le dire maintenant… Le but de cette journée sportive, c’était de contempler le coucher du soleil, allongée
sur un transat, une bière dans une main, une clope dans l’autre. Ben on l’a fait.
On a franchement apprécié… malgré les nuages. Une fois le soleil couché, un froid cinglant s’installe. On déguste une truite
au resto de l’hôtel, on rencontre des Argentins, Colombiens, Belges, Brésiliens, Suisses… Et je danse une partie de la soirée au son
des guitares que tout bon backpacker argentin trimballe.
Retour à Copacabana. On a failli se tromper de chemin pour reprendre notre bateau. On descend au pas de course. La femme
derrière moi accompagne ses moutons et ses 2 ânes, et tente de me doubler…
Et y parvient… Pour une fois, on met moins de temps que prévu à parcourir le trajet.

Voilà le port. Le retour sur le continent coûte le double qu’à l’aller car la compagnie de bateaux appartient à la communauté
qui vit sur l’île. That’s fair enough.

Sarah a un bus pour La Paz à 13h30. Quant à moi, je préfère prendre mon temps et passer une partie de la journée sur place
pour visiter encore un peu la ville.

Au programme donc : un très mauvais déjeuner - j’ai entendu parler d’un certain nombre d’intoxications alimentaires
en Bolivie -, rencontre de quelques connaissances, visite du Calvario qui domine la ville et le lac.

J’ai oublié de vous préciser deux choses importantes : Copacabana a donné son nom à une plage de Rio à la suite d’une promesse
qu’un marin égaré sur les côtés brésiliennes a faite à la Vierge locale. Et le lacTiticaca est le berceau de la civilisation inca :
le fils du Dieu Soleil, Manco Capac, est sorti des eaux eta mené sa tribu vers le nord pour fonder Cusco…

Je grimpe quelques dizaines de marche pour parvenir au sommet du Calvario - à croire que mes 6 étages sans ascenseur
me manquent -, et j'ai la ville à mes pieds. C’est bon, je suis prête à affronter La Paz…