La Paz, sobre la lluvia
Premières nuit et matinée à La Paz, parfaitement déprimantes. En gros, je débarque avec un collectivo qui me jette au cimetière.
Je n’ai absolument aucune idée de l’endroit où je me trouve, il pleut, il fait nuit, j’ai 27 kilos sur le dos et les bras, et ça grouille
de monde… Je trouve l’hôtel le plus moche de la ville (vivement conseillé par mon guide ; décidément, je n’aime pas du tout
ce §¿*/$·=! de Guide du Routard.
L’après-midi heureusement, et sans raison précise, tout va mieux. Je visite le musée d’Art Contemporain, que possède un riche
médecin Bolivien amateur d’art. Je discute un bon moment avec le guide et j’apprécie grandement les œuvres de Boliviens,
Américains, Équatoriens, etc. exposées sur 3 étages de manière farfelue. Et je change d’hôtel…
Le soir, rendez-vous manqué avec un contact Bolivien. Je me balade sur la Plaza San Francisco, lieu de rencontre essentiel
à La Paz, où se trouve un marché aux fleurs. Je discute avec Félix, un cireur de chaussures qui m’avoue être étudiant et ne pas
vouloir être reconnu par ses pairs. Voilà pourquoi il porte, comme tous les autres, un passe-montagne qui le rend méconnaissable.
Finalement, je croise par hasard les 2 Belges rencontrées sur la Isla del Sol. Je les accompagne une partie de la nuit et nous
arpentons ensemble le quartier touristique de la calle Saganarga.
Le lendemain, départ tôt le matin, pour affronter la fameuse Bajada de la Muerte. Bon, une fois de plus, mon van m’oublie,
mais je le retrouve facilement. J’ai l’habitude maintenant…
Voilà mon groupe : du Français, du Belge, de l’Australienne, du Néo-Zélandais et de la Hollandaise…
On démarre sous la flotte ; au bout d’une heure on est trempés, un peu soûlés of course, mais quelques centaines de mètres
plus bas, le soleil et les paysages grandioses nous attendent…
On suit à la lettre les instructions de nos deux guides. Il faut bien avouer que tout est parfaitement orchestré, y compris
les haltes-poses photos. Celle-ci, par exemple, j’y aurais pas pensé toute seule !

On descend pendant 4h et on atterrit dans un hôtel avec piscine. À l’issue du ride, on reçoit un CD avec toutes les images
de la journée et un tee-shirt estampillé «I survived to Death Road».
Pendant des années, de nombreux véhicules se retrouvaient dans le ravin. Mais cette appellation n’a plus lieu d’être depuis
qu’une route alternative a été tracée pour les bus et voitures. Pffffff…
Le soir, je rencontre quelques extrêmes au bar de mon hostal : Jack, Texan amateur d’armes (il me montre fièrement sa carte
de membre de la NRA) et ancien GI ayant servi en Irak. Je le fuis… Paco, Espagnol et bar-trender, en voyage depuis 2 ans,
volontaire dans de nombreuses organisations sociales sur le continent. Tilo, Colombien black et gothique avec lequel je bois quelques bières. Malheureusement, il est quasi-autiste, c’est difficile de soutenir une conversation toute seule.
Au-dessus, la vue, de nuit et de jour, depuis le bar-terrasse de ma guest, perchée sur une balançoire… Pas mal, non ?!
La journée du lendemain, je me balade un peu dans La Paz, admire l’inclinaison des rues et les montagnes alentour, me réfugie
dans des bars dès que les premières gouttes de pluie s’annoncent…
Et je tombe sur le Mercado de las Brujas - Marché aux Sorcières -, où l’on peut acheter moult plantes médicinales, huiles essentielles
et… fœtus de lama (qu’il convient d’enterrer dans son jardin, en hommage à la Pacha Mama - Terre Mère). Je m’abstiens.

Le soir, je vais boire un verre au bar de mon hôtel. On a droit à une bière gratis par soir, j’en profite ! Il est question que je retrouve
une Bolivienne qui doit me montrer comment on fait la fête ici.
Seul hic : je m’évanouis lorsque je tente de me lever de mon siège, emportant dans ma chute un plat d’eau bouillante. Tout
le monde se tait, et Teddy, Anglais en voyage depuis plus de 3 ans, vient à mon secours. Je passe ma soirée à attendre que mes
vêtements sèchent (il m’a aspergée d’eau froide pour éviter les brûlures), en discutant avec Julien, Français installé à Buenos-Aires
depuis 2 ans et demi. Et finalement, ce n'était qu'une bête chute de tension !
Le lendemain, re-discussion avec Paco, communiste patenté qui a une théorie intéressante sur l’expansion de la population
mondiale : il pense que les multinationales nous encouragent à nous reproduire, dans le seul but de nous faire consommer…
Lina, jeune Suédoise - travailleuse sociale elle aussi -, qui attend ses bagages à La Paz depuis 3 jours, égarés lors de son voyage
depuis Copenhague, est avec nous. Nous irons nous promener toute la journée dans la ville.
Le soir, rencontre de Manuel et Pedro, Argentins originaires de Cordoba. On boit un certain nombre de bières et devisons
une bonne partie de la nuit. C’est l’occasion pour moi d’apprendre que, sur le continent, la 2ème personne du pluriel n’existe pas,
instructif ! Et je sais également commander une carafe de blonde pression…

Lundi, dernière journée à La Paz, entre la pluie et le soleil. Je me casse le nez aux musées, tous fermés…

Je pars donc admirer la vue depuis le mirador Killi Killi, au bout d’un quartier plutôt tristoune.
Je me fond dans la masse - impressionnante - des vendeurs, vacanciers, étudiants, cireurs, policiers… qui peuplent les rues
à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.
Et tombe sur une cérémonie militaro-fanfaresque, honorant je ne sais quelle personne importante, arrivée dans une voiture
aux vitres teintées. Le soir, je grimpe dans un bus qui m’emmène à Sucre, capitale culturelle Bolivienne.