Jours (un peu trop) tranquille à Sucre

Lundi soir, je quitte La Paz pour Sucre, jolie ville coloniale léguée par Bolivar à son pote le Maréchal Sucre, qui a, une énième fois,
dépabtisé et rebaptisé la cité. Arrivée à l’Hostal de los Amigos, sur les - mauvais - conseils d’une rencontre, je fais la connaissance
de Sophie. Étudiante originaire de Genève, en échange à Buenos-Aires pendant un semestre, elle s’accorde quelques semaines
de vacances en Bolivie et au Pérou.

On part déjeuner à la Taverne de l’Alliance Française. Très bon choix. Pour vraiment pas cher. Et, comme vous pouvez le lire
plus haut, ils ne manquent pas d’humour…

Mes deux journées ici sont pas mal obstruées par une pluie battante. Je parviens tout de même à me hisser au Mirador,
qui domine la ville. Et je croise enfin un frère… Vu le nombre d’églises qu’abrite la ville, je m’étonnais de ne pas en avoir vu un
seul. C’est chose faite.
Inscrite depuis 1991 au Patrimoine Mondial de l’Unesco, Sucre mérite, davantage qu’Arequipa à mon sens,
le surnom de Ville Blanche.
Elle revendique en tout cas le rôle de capitale et symbolise l’opposition au gouvernement de gauche. Marguerite Duras pensait
que «la droite, c’est la mort». Je ne suis pas loin d’être d’accord, malgré le côté définitif de cette sentence, vu le calme qui règne
dans les rues pourtant peuplées.
Quoiqu'il en soit, je m’occupe, en visitant le Mercado Central, au premier étage duquel on peut déguster des plats typiques pour
moins d’un euro.
Le lieu est divisé en différentes sections et on y trouve de tout : des fruits et légumes, des gâteaux crémeux à souhait, de la viande
moyennement apétissante, des gardiens de sécurité qui font leur ronde sans oublier de demander aux commerçants une petite
taxe quotidienne, des mendiants…
Et je continue de me balader, entre deux visites de musées. Il manque les visites guidées en français pour comprendre la totalité
des objets exposés, résultats de fouilles archéologiques poussées dans la région.
Le deuxième soir ici, je rencontre Mathieu, Français en voyage depuis… longtemps. Il part sur tous les continents à la rencontre
de musiciens de tout style, qu’il filme l’espace d’une après-midi ou plus. Nous partons en même temps pour Potosi, délaissant
Sucre et sa beauté figée.
Avant de prendre mon bus, je tombe tout de même sur une manifestation de la communauté Qhara Qhara, qui exige plus
d’autonomie pour les Indigènes dont elle fait partie. Elle s’arrête pile devant la Casa de la Libertad et scande des slogans,
que je ne saisis pas bien… Mais je suis de tout cœur avec eux, vous pensez bien !