Tilcara, Maimara, Purmamarca…

Départ mardi soir d’Uyuni, après un rapide repas partagé avec Abigael. Je grimpe dans un bus de nuit, même pas de couchette…
Au réveil, traversée de la frontière boliviano-argentine - en quelques heures seulement. Je trimballe mes kilos de bagages sous
un soleil de plomb, discute avec Pablo, Bolivien exilé en Argentine depuis 6 ans où il officie aux côtés d’un pasteur pour prêcher
la bonne parole à destination de jeunes drogués, comme lui il y a quelques années. Émouvant. Je constate que je rencontre
énormément de travailleurs sociaux depuis le début de mon voyage, et ça me fait réfléchir…

Je n’ai pas de guide de voyage argentin, j’ai récupéré des infos visiblement périmées puisque l’hôtel que je convoitais a tout
simplement multiplié ses prix par 10. La réceptionniste, compréhensive, m’indique l’alojamiento juste en face. C’est roots mais
ça rentre dans mon budget (5 euros la nuit). J’y rencontre Agustin, Porteño (= les gens du port / habitant de Buenos Aires)
ultra-sociable, en vacances dans le coin pour la 4ème année consécutive.

Il travaille dans une ONG (encore) tentant notamment de résoudre la malnutrition infantile. Il aime tellement Tilcara
et ses habitants, beaucoup plus simples et authentiques que ses voisins de la capitale, qu’il est capable de traverser le pays pour
quelques jours seulement. On boit quelques bières et il propose de me faire découvrir les alentours le lendemain.

Le jeudi après-midi, on laisse passer l’orage et on part pour une balade de 3h à la Garganta del Diablo avec, pour but final,
la cascade. Le village est environné de montagnes aux couleurs diverses (je n’ai pas eu mon cours de géologie, je ne peux donc malheureusement pas vous expliquer pourquoi…). Quoiqu’il en soit, le paysage est grandiose !

Agustin connaît bien les lieux. Il me fait marcher - à gauche -, sur cette ridicule passerelle, mais je lui fais confiance… En chemin,
on discute avec de nombreux Argentins ; et le soir, je bois un verre avec Dorit, rencontrée - presque - par hasard au village.
On décide de passer la fin de mon voyage ici ensemble.

Vendredi matin : petit-déj puis achat de billet de bus (un peu trop tard). On entreprend alors de marcher 1h le long de la route
nationale pour atteindre le fameux cimetière de Maimara, sur la route de Purmamarca. Je n’apprécie pas particulièrement
la balade : on croise de nombreux bus, taxis, camions et, de loin en loin, des petits calvaires dressés en hommage aux imprudents,
comme nous ?! Le cimetière me ravit néanmoins.

L’apothéose de la journée : cette montagne aux 7 couleurs, qui surplombe la petite ville de Purmamarca, où l’on peut déguster
des steaks savoureux et des glaces artisanales, et dépenser quelques pesos en tissus, calebasses pour boire le mate, chaussettes
arborant des lamas…

On reste quelques heures, grimpant sur les quelques monts accessibles, on prend 10 fois la même photo, les couleurs sont tellement incroyables qu’on a peur de passer à côté…

On croise un groupe de 3 Porteños avec lesquels j’ai dîné la veille, et qui m’ont conseillé de me méfier de quasiment tout le monde
à Buenos-Aires. La guerre des régions fait rage ici, et je réalise que l’image que nous avons, en Europe, des Argentins, se limite
en réalité à la capitale fédérale. Nous partirons dimanche matin pour Iguazu, prendre des forces avant d’attaquer B.A.