Iguazu, de l’eau partout !

On arrive à Iguazu lundi après-midi. D’après ce qu’on a compris, tout est censé être complet (février est le 2ème gros mois
de vacances ici, un peu notre juillet)… Du coup, on se rabat sur une auberge de jeunesse d’un standing censément supérieur
à la moyenne. Mais le personnel n’est pas du tout à ce qu’il est… L’hôtel se trouve sur la route nationale, la ville est à 4 km.
On ne se plaint pas parce qu’on est des travelleuses accomplies. Mais on a bien l’intention de laisser des commentaires ravageurs
sur tous les sites de voyageurs.

On s’en fout, on est là pour voir les chutes ! Le lendemain matin, on attrape un taxi et on erre dans l’énorme complexe toute
la journée. On marche pas mal, on prend le train écologique, on admire les animaux de toutes sortes, on se prend en photos
dans la galerie où je n’ai pas du tout envie de m’attarder, j’admire toute la journée le magnifique panama de Dorit qui a subi
quelques dégâts depuis le début de son voyage…

Une fois de plus, je ne m’attendais à rien. Parce que je n’avais pas idée que des chutes d’une telle taille, d’une telle ampleur,
d’une telle «nuisance» sonore pouvaient exister. Enfin, je savais qu’elles existaient mais je n’imaginais pas les sensations
que cela pouvait provoquer.

Évidemment, sur les nombreux chemins, sentiers, passerelles…, on n’est pas seules. Mais on peut bien partager ces kilomètres
de flotte avec quelques familles, voire groupes organisés. On se demande, à ce propos, à quoi peut bien servir un guide, puisque
l’endroit ressemble à un Disneyland sous l’eau. Tout est franchement bien balisé, foi d’aventurière au médiocre sens de l’orientation.

Contrairement à ce que m’avait confié ma cousine Margot - bon, ben, y’a que de l’eau - je suis impressionnée. Pas tant par
la Garganta del Diablo - les plus hautes, toujours surmontées d’un nuage visible de loin - précisément parce qu’on ne peut pas
voir la base des chutes.

Mais plutôt par la largeur des cascades, le bruit qu’elles occasionnent, la faune aperçue ici et là, et simplement parce que
c’est beau… Et parce qu’elles travaillent en continu. Et aussi parce qu’on peut y apercevoir un nombre incalculable d’arcs-en-ciel.

Alors je dégaine mon appareil toute la journée, pensant à chaque instant capturer un angle inédit. Mais finalement, mes photos
se ressemblent pas mal dans l’ensemble… C'est un peu pour ça que j'en poste un maximum ici.

Ah non, là y’a un peu de végétation en premier plan, vous avez noté ?!

On explore le parc national toute la première journée. D’abord la Garganta del Diablo, puis le Nivel Superior et le Nivel Inferior.

On ne prend pas l’option zodiac plein de touristes qui hurlent à l’approche des chutes. Ce doit être rigolo pourtant, mais on
préfère marcher. Et admirer les familles de coatis qui peuplent le parc. Animal hybride de l'écureuil, du renard et du fourmilier -
selon moi -, il peut être particulièrement voire uniquement intéressé par le sac plastique que brandissent de nombreux touristes
dans le coin. Ce n'est pas notre cas. Il n'en reste pas moins très attendrissant.

On veut aussi voir les chutes sous un autre angle, encore…

Et prendre une douche, avec les éclaboussures des chutes, au niveau inférieur, en face de la Isla San Martin, fermée à cause
du niveau très haut de la rivière. Le soir, après toutes cette eau, ben on va boire des bières en ville. Nous y rencontrons Eduardo,
prof et danseur de tango, installé à Paris pendant quelques années. Il n'a pu y rester, devinez pourquoi… les papiers ! Il n'est
pas le premier que je rencontre à s'étonner que nous ne voulions pas partager nos richesses avec autrui.

Trève de considérations géopolitiques… Le lendemain matin, nous profitons de notre billet à tarif réduit - 2ème journée
consécutive, preuve de la taille gigantesque du lieu - et partons sur le Sendero Macuco, qui débouche sur une piscine naturelle,
alimentée par… une cascade ! En chemin, un couple nous avertit de la présence d'un crocodile - ou d'un alligator. Lorsqu'on arrive, effectivement, il est là et nous attend de patte ferme. Bon il dort à moitié, et il est franchement petit, mais quand même.

Nous passerons notre journée à l'éviter soigneusement - des fois qu'il ait eu la mauvaise idée de se ramener en bande,
à squatter un bout de rocher assez inconfortable, à regarder passer les hordes de familles / couples / bandes de potes dans ce
petit endroit de paradis qu'on imaginait, dans nos rêves les plus fous, conçu spécialement pour nous.

Au retour, nous aurons malgré tout le loisir d'admirer des familles de singes, des toucans (enfin, un, de loin…), des araignées
légèrement moins spectaculaires que leur toile, des papillons multicolores, des fourmis géantissimes, etc. Puis, 18 h de bus
direction Buenos-Aires (avec contrôle policier de rigueur semble-t-il dans la région). Encore quelques jours ici, un billet posté
sur ce blog, et me revoilà parmi vous !