Sour (Tyr) + Saïda, 13/04/10
Mardi dernier : programme chargé. On veut sortir un peu de Beyrouth, découvrir l'arrière-pays libanais. Malgré les nombreuses mises en garde - généralement émises par les Chrétiens qui n'hésitent pas à charger les Musulmans - on prend un bus pour voir un peu le sud-Liban. La route est défoncée, les immeubles souvent en mauvais état, mais on est toujours hyper bien prises en charge par les habitants qui se font un plaisir de nous guider, nous poser des questions sur notre pays, etc.
Première halte à Saïda d'où il faut prendre un deuxième bus pour l'extrême sud du pays. Direction donc Sour (ou Tyr), son petit port de pêche traditionnel, ses ruelles escarpées un peu cradingues comme on les aime. On s'imaginait être les seules touristes bravant les interdits. Eh ben pas du tout. On est au moins 5 occidentaux dans tout le village… On tombe même, à l'heure du déj, sur un patron de restaurant peu scrupuleux qui a bien compris comment enfler les européennes que nous sommes.
On comprend plus grand chose à la répartition religieuse des territoires. On pensait débarquer en territoire muslim, avec femmes voilées. On tombe sur cette vierge. Et on croise de nombreuses Libanaises légèrement vêtues et lourdement maquillées. Merci les idées reçues.
Après manger, on reprend un bus pour Saïda, ville d'origine de Hariri qui a manifestement beaucoup œuvré pour sa région. Grâce à sa fondation, les souks - parmi les plus anciens du pays - ont été nettoyés, en respectant leur architecture d'origine.
De nombreux portraits ornent la ville, pas mal de mosquées aussi of course, le muezzin ponctue notre balade, on se croirait au bled, ça change du Beyrouth bling-bling et on apprécie !
On décide de faire des économies substantielles : on refuse l'entrée dans le fort maritime, principale attraction touristico-culturelle de Saïda. Pour le même prix, on préfère s'acheter des pâtisseries.
Le café arabe fait désormais partie de notre quotidien. On croise régulièrement des hommes vêtus d'un sarouel traditionnel, une carafe dans une main, des petites tasses qu'ils font résonner dans l'autre, proposant un jus mi-liquide, mi-solide, à avaler fissa sur un bout de trottoir.
On se paume dans le dédale du souk, on goûte aux fruits qui ont une vraie saveur d'aliments poussés au soleil. On oublie les OGM et les prix exhorbitants de Paris.
Les couloirs du souk sont organisés par artisanat : joaillerie, menuiserie, aliments plus ou moins frais… se cachent dans les alcôves qui nous font rêver. On ne passe pas inaperçues ici, des sifflements d'hommes et des sourires de femmes agrémentent notre promenade.
Le soir, on retrouve François, un ami de David, de passage à Beyrouth pour 4 jours. Apéro dans un bar de notre rue - apparemment réputé pour accueillir la population artistique de la ville -, puis dîner dans un restaurant qui surplombe la capitale.
Au retour, on s'arrête dans un bar-club voisin, David décline l'invitation : le lendemain matin, il doit s'occuper de ses parents de passage en vacances ici. Quant à nous, on est en vacances après tout !