Potosi et son Cerro Rico

Publié le par melanie joly

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Autant Sucre m’a soulée, autant Potosi me ravit ! On arrive avec Mathieu, on cherche un hôtel, on se pose dans le 3ème qui nous
accepte. C’est un ancien couvent. Pas de surprise une fois arrivés dans
nos chambres : c’est monacal. Un lit, une table, un éclairage
au néon.



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On se sépare, il semblerait qu’il ait besoin d’air, au moins autant que moi ! Je me balade - ou me perds, je ne sais plus - au Mercado
Central et dans un autre marché labyrinthique. Du monde partout, ça grouille,
ça bruisse, ça me plaît !



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Je monte au Mirador, au sommet de la Cathédrale, qui se trouve elle-même sur la place principale. Autant dire que mon
programme dans chaque ville se suit et se ressemble… J’admire de loin la montagne sacrée
que les Espagnols ont allègrement pillée
pendant des siècles, pour le plus grand plaisir des Européens, initiant ainsi le capitalisme.



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Je contemple les églises, les bâtiments baroques, les couvents, les maisons délabrées aux couleurs passées qui recèlent davantage
de charme que celles de la ville précédente. C’est plus sale, plus authentique. Je m’inscris également pour une visite des mines
le lendemain matin.



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On se retrouve avec Mathieu, on essaie de faire la fête… Le lendemain, c’est un jour férié : Evo Morales est ré-investi.
On débarque dans une Whiskeria qui, comme son nom ne l’indique pas, ne vend pas d’alcool
ambré. On discute avec quelques
locaux, passablement éméchés, mais notre espagnol rudimentaire
nous suffit… À minuit, hop, tout le monde au lit.



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Le lendemain matin, on a de la chance : on se retrouve seuls avec un guide parlant parfaitement le français ! Il l’a appris seul,
avec un livre et quelques cassettes, la beauté de notre langue étant son seul moteur.



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José-Luis nous balade pendant 2h dans une galerie principale du 3ème niveau (pas si profond que ça, donc) et nous emmène
parfois dans quelques boyaux, où respirer et voir à plus de 2 mètres se révèle quasi-impossible. Ce sera mon seul moment
de mini-panique.



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Fils et frère de mineur, il nous fait un topo complet de la situation. 80 mineurs travaillent ici, 7000 se partagent la totalité de
la montagne d’où l’on extrait aujourd’hui du plomb, du zinc, de l’étain,
du cuivre et, dans une moindre mesure, un peu d’argent.
Ils sont organisés en coopérative depuis
les années 80, lorsque le gouvernement, dans sa grande bonté, leur a cédé les lieux,
qui ne rapportaient
déjà plus grand chose.



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Aujourd’hui, selon le cours des matériaux extraits, un mineur peut espérer gagner 50-70 Bolivianos (5-7 euros), pour 7h de travail
par jour, 6 jours sur 7. Pas de pause-déj : ils mâchent l’équivalent
de 2 grosses poignées de feuilles de coca dans la journée,
pour lutter contre la faim et la fatigue. Celui
qui joue du marteau-piqueur prend royalement 150 Bolivianos de l’heure. Il ne peut
pas bosser plus
d’une heure par jour…



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Après 2h dans les dédales sombres, on passe saluer le Tio - au milieu -, dieu des mineurs. Une fois par semaine environ, ils lui
offrent des feuilles de coca, des clopes et de l’alcool à 96°. S’il n’a pas sa dose, il les
menace de ne pas les laisser extraire de matériau.



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Les femmes n’ont pas le droit de travailler à la mine. En revanche, elles peuvent bosser à la raffinerie pour trier les différents
minerais. Et, veuve de mineur, si la pension de leur défunt mari est trop maigre,
elles peuvent traîner dans la montagne et ramasser
quelques cailloux qu’elles iront vendre
pour 3 francs 6 sous.



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On estime à 8-9 millions le nombre d’Indiens morts dans les mines depuis le 16ème siècle.



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À l’époque, la mita obligeait, à la manière du service militaire, tous les Indiens à descendre 5 mois consécutifs dans les mines.
Pour notre part, on ressort de là pas mécontents de notre sort…


 



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Commenter cet article

jeanne 28/01/2010 20:38


hola ptite mémé !
je rentre de thailande et je peux enfin re-decouvrir la suite de tes aventures (ça ramait trop là-bas) ...
Je ne me lasse pas de tes commentaires, je rigole bien, seule, chez moi, dans le froid avec mon jog....kool non ??
Profite ma fille, profite.. ! enormes besos et bonne année aussi