Dubrovnik, perle de l'Adriatique… eh ouais !

Publié le par melanie joly

Après moultes tergiversations - 11 jours au Vietnam, trop court ; randonnée en Corse, trop cher ; surfcamp au Portugal, trop sportif - je me décide finalement pour la Croatie. La côte Adriatique me tente depuis un moment : paysages escarpés, nombreuses îles paradisiaques, météo clémente, culture et langue différentes mais pas insurmontables…

 

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Départ lundi 6 en fin d’après-midi, 2 avions différents et une arrivée en soirée à Cavtat, petit village de pêcheurs à seulement quelques kilomètres de l’aéroport de Dubrovnik. Ai-je besoin de préciser que la proximité de l’aéroport peut être un avantage certain (prix de la course en taxi limité) mais aussi un inconvénient majeur (on entend quand même très bien les avions décoller et atterrir)… Bon, on ne s’appesantit pas, à chaque jour suffit sa peine et on apprend toute sa vie de ses erreurs :-)

 

 

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Je passe la matinée et le début d’après-midi du mardi à arpenter le très joli petit port tranquille avant de me décider à embarquer dans un bus pour Dubrovnik. Je fais la connaissance de Robert, Australien d’une bonne cinquantaine d’années qui parcourt une partie de l’Europe en bateau avec sa compagne. Tous les deux, ils achètent des objets de décoration, des bijoux, des tissus qu’ils revendent ensuite à Byron où ils vivent les 8 mois restants de l’année… Le bus nous dépose loin de la vieille ville, il m’invite gentiment à prendre un taxi pour revenir sur nos pas et me souhaite une belle vie. Un échange aussi court que joli.

 

 

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J’avais réservé ma première nuit par internet et étais un peu déçue par les lieux… Je m’y prends autrement cette fois et décide de me rendre directement à l’hôtel qui me séduit. C’est sans compter la horde de touristes qui envahissent les magnifiques ruelles marbrées de la citadelle. Tout est complet et plutôt cher. L’aide inopinée d’un gérant de chambres d’hôtes qui m’emmène à plusieurs adresses de sa connaissance n’y fera rien. Je dois sortir de la vieille ville et prendre une chambre en dortoir dans une auberge de jeunesse tout sauf sympathique.

 

 

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Visage fermé à l’accueil, c’est la première fois que ça m’arrive depuis que j’ai foulé le sol croate, pas un seul pensionnaire à l’horizon, interdiction de faire du bruit à partir de 22h et de boire de l’alcool… Euh, bon d’accord, je reste 2 nuits mais c’est vraiment pour la beauté de Dubrovnik ! J’y rencontre tout de même Damien, parisien typique pas franchement ouvert voire carrément antipathique, et Jim, jeune Anglais baroudeur qui me vante le charme de Mostar en Bosnie-Herzégovine. C’est décidé, j’y passerai une journée dans le cadre de mon court séjour.

 

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Mercredi, temps gris et très incertain, je dois décaler mon départ dans les îles. Après avoir changé un bon nombre de fois d’avis, of course, je prends un billet de bus pour jeudi matin direction Zadar, ville visiblement méprisée par les touristes, ouf ! Je profite de cette journée pour me cultiver : galerie War Unlimited qui expose les travaux d’un photo-reporter italien extrêmement talentueux qui parvient, dans chacun de ses tirages, à faire surgir une once de beauté dans des paysages désolés et des contextes plus que sordides.

 

 

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Dubrovnik a été pendant plusieurs siècles envahie par les Vénitiens dont l’héritage artistique persiste… La guerre de 1991 l’a détruite en grande partie (les deux tiers des bâtiments ont été endommagés) mais il n’en reste aucune trace pour les touristes néophytes dont je fais partie : lors de la reconstruction, de nombreux spécialistes internationaux ont été appelés à la rescousse et un maximum de matériaux d’origine ont été utilisés. Preuve qu’il est possible de se relever après une tragédie de cette ampleur, et de ne pas succomber à un modernisme - architectural - irréfléchi…

 

 

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Je tente une visite au Musée d’Art Moderne - entrée libre, présentant des artistes croates, dixit mon guide - mais Alberto Giacometti est à l’honneur et il faut payer… Bon, ben je me balade plutôt dans la ville fortifiée et me couche à une heure raisonnable pour attraper mon bus de 6h30 le lendemain matin. Calme et ressourçante, cette escapade me donne encore plus envie de marcher dans les montagnes roccailleuses et de me baigner dans les innombrables cascades de la côte.

 

 

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Jeudi matin, pas très fraîche - des Anglais ont beuglé une bonne partie de la nuit -, je veux sortir de l’auberge vers 5h30. Me voilà obligée de sortir par la fenêtre : toutes les autres issues sont condamnées… Tout compte fait, contrairement à mon rythme parisien, j’aime assez me lever tôt, profiter de la nature et espérer secrètement que je pourrai m’endormir dans le bus qui m’emmène à 8h de route au nord. Ce ne sera finalement pas possible…

 

 

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Le bus est franchement inconfortable mais c’est sans importance, j’ai alors tout loisir de contempler les paysages côtiers, le soleil qui se lève et se réfléchit dans l’eau, les petites bourgades paisibles qui apparaissent au détour d’un virage. Et puis j’écoute avec un plaisir immense un audio-livre : D’autres vies que la mienne, d’Emmanuel Carrère. Récemment, aucun livre ne m’avait fait cet effet-là : admirablement écrit, avec justesse, sincérité, compassion, l’auteur décrit des personnages qu’il a côtoyés et qui subissent, chacun à leur manière, un deuil insupportable et a priori insurmontable. Il a un regard incroyablement bienveillant sur ces héros du quotidien, ce qui ne l’empêche pas, parfois, de suggérer leurs faiblesses, tout en soulignant les siennes, bien plus graves à son sens. Bref, une œuvre incontournable et pleine d’espoir !

 

 

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Carole Périsson 09/09/2010 21:21


C'est très bien comme d'habitude, coloré, enlevé et même brillant, un peu mélancolique parfois cependant Non ?


melanie joly 10/09/2010 12:29



un peu oui mais tout va bien, je te rassure ! quelle sensibilité en tout cas :-)


bisous, au 18



lolo 09/09/2010 21:18


Coucou Pépette
profite bien de ce nouveau périple
bisous